Formation des formateurs OPERA

Selon PARE/KABORE Afsata, les coordonnateurs scientifiques et le coordonnateur national sont édifiés au vu des formations qui se sont déroulées.

PARE/KABORE Afsata, coordonnatrice scientifique - OPERA

PARE/KABORE Afsata, coordonnatrice scientifique – OPERA

A la fin du séminaire de formation des formateurs tenu au Centre Unitas de Koudougou du 16 au 21 mai 2016, nous avons rencontré PARE/KABORE Afsata, membre du groupe des coordonnateurs scientifiques du projet OPERA. Elle a bien voulu livrer son analyse de ces différentes phases de formation.

Merci pour le temps que vous nous accordez. Pouvez-vous nous dire combien de zones vous avez couvert et comment s’est déroulée la supervision dans les différentes zones ?

Tout s’est bien passé. Nous avons fait d’abord Bobo. Et comme à Bobo, l’effectif était plus important – il y avait 80 formés répartis en quatre groupes – nous y avons donc passé plus de temps, en passant dans les différents groupes, en essayant de voir différentes fiches et différentes phases : la phase d’analyse des représentations, la phase d’analyse des pratiques et la phase de conception de nouvelles pratiques Après Bobo, nous sommes allés à Ouahigouya où ils étaient 25 donc formant un seul groupe On y a juste passé un jour. La dernière étape c’était Koudougou où nous avons passé deux jours parce qu’il y avait 40 personnes répartis en deux groupes. De Bobo à Koudougou en passant par Ouahigouya, nous étions ravis au vu du grand nombre des formés et aussi parce que les différents déplacements se sont bien passés, sans incident.

Que pensez-vous des différentes formations dispensées ?

Nous sommes édifiés. La formation des superviseurs a porté fruit parce que l’appropriation des fiches semble avoir  été bonne. Nous avons vu des superviseurs qui sont généralement à l’aise avec les fiches, qui les ont discutés avec les formés dans la logique de ce que nous avons appelé l’isomorphisme. C’est-à-dire que si on veut mettre l’enfant au centre de la formation, il faut que quand on forme l’enseignant lui-même, qu’il soit au centre et qu’il soit actif. Il faut que le formateur ou l’encadreur qui est formé soit au centre de sa formation ; c’est cela l’isomorphisme de la démarche de formation. Nous l’avons observé un peu partout, que ce soit à Koudougou, à Ouahigouya ou à Bobo. Nous avons la satisfaction de constater que la formation des superviseurs à Ouagadougou a porté fruit parce qu’on sent des superviseurs qui semblent s’être vraiment appropriés les fiches.

Au vu de ce que vous avez dit, on peut dire que les formateurs ont su bien faire passer leur message. Mais qu’en est-il des formés ? Au vu de leurs interventions, les pensez-vous aptes à former les enseignants ?

Oui, c’est d’ailleurs ce qu’il y a de plus rassurant. On constate que les superviseurs ont été bien formés, et qu’ils ont su s’y prendre avec les formateurs qui ont tout de suite été pris dans la dynamique, c’est-à-dire qui discutent beaucoup, qui échangent sur leurs représentations, sur leurs visions, qui font des propositions par rapport aux fiches parce que nous sommes quand même dans un processus d’expérimentation donc nous sommes preneurs de tout ce qu’il y a comme propositions ou suggestions pour améliorer les fiches. Nous les avons vu traverser les différentes phases de manière correcte, c’est-à-dire la phase de représentation où ils ont beaucoup échangé sans clore le débat, où ils ont exploité les apports théoriques qui sont dans les fiches, ce qui leur a permis d’évoluer du point de vue de leurs représentations et d’en arriver à la phase d’analyse des pratiques pour faire là aussi de bons échanges en fonction de leurs expériences et en fonction du contexte. C’est là où je peux aussi dire que l’appropriation des fiches par les superviseurs a été bien faite parce que lors de la formation nous n’avons pas beaucoup travaillé sur la 3ème phase – la conception de nouvelles pratiques – qui est une phase plus propre aux enseignants. On n’a pas vraiment simulé cette phase avec les superviseurs lors de leur formation, on s’est souvent juste contenté de l’expliquer. Malgré cela,  on s’est rendu compte qu’ici à Koudougou les superviseurs l’ont fait faire aux formateurs. Cela nous rassure sur le fait que quand ces formateurs seront sur le terrain avec les enseignants, cette phase sera bien traitée. C’est la finalité de tout le processus qui a été conçu. Faire en sorte qu’en bout de ligne, les pratiques s’améliorent à travers les conceptions de nouvelles pratiques selon une nouvelle vision.

Selon vous, pourraient-ils y avoir d’éventuelles difficultés dans la transmission de cette nouvelle vision des choses sur le terrain ? Et que proposez-vous pour y remédier ?

Les difficultés que nous avons perçues depuis la formation des superviseurs demeurent les mêmes, c’est à dire la question de temps parce que toutes nos formations sont organisées en une semaine pour 20 fiches dont il faut s’approprier. Évidemment toutes les 20 fiches sont toujours touchées mais par des groupes différents, donc on ne peut pas dire que chaque superviseur ou chaque formateur ait été formé à chacune des fiches mais les fiches ayant été conçues selon la même logique, c’est l’appel que nous lançons systématiquement : qu’ils se recentrent sur les fiches déjà maitrisées et qu’ils appliquent la démarche d’appropriation aux autres fiches qui n’ont pas été touchées lors de leur formation et tout se passera bien. Donc la difficulté que nous ressentons c’est un peu la difficulté liée au temps. Surtout si les formateurs supposent qu’il faut qu’ils abordent toutes les fiches ou beaucoup de fiches avec les groupes formés. Je crois que de ce point de vue, au niveau de l’organisation de la formation des enseignants, il faut que l’on soit regardant à faire des propositions qui n’entravent pas la qualité et la profondeur de la formation quitte à limiter le nombre de fiches.

La deuxième difficulté pourrait être les verbatim, c’est-à-dire l’analyse des pratiques en termes de verbatim, par rapport auxquels on n’arrive pas toujours à se retrouver parce que les formés ne voient pas toujours le fil de ce qu’ils attendent d’une leçon alors que les verbatim ont été souvent retravaillés pour répondre aux thématiques de la question traitée. Donc cela aussi, il faut souvent expliqué. On a essayé de le leur expliquer. Je pense qu’ils ont compris et qu’ils pourront l’expliquer aux enseignants sur le terrain.

Votre mot de fin ?

Plus on avance, plus ma conviction par rapport à l’importance et à l’apport d’OPERA se raffermit. Déjà, dès le début avec la phase de recherche, j’étais convaincue de ce que cela pourrait apporter. Avec la conception des outils, cette conviction ne faisait que se renforcer et avec ces formations, je suis davantage convaincue de ce que OPERA peut apporter sur le terrain et suis aussi convaincue que les acteurs de terrain qui ont été associés depuis le début – ça c’était une bonne stratégie – sont un atout. Ils se sentent engagés et concernés. Je souhaite que les formations se poursuivent dans les meilleures dispositions possibles, qu’on puisse améliorer les fiches et que le ministère puisse l’utiliser pour améliorer la qualité de l’éducation et les apprentissages des élèves.

 

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