Marguerite Altet, du groupe des coordonnateurs scientifiques du projet OPERA

ALTET

Marguerite Altet, coordonnateur scientifique et experte internationale du projet OPERA

Suite à la conférence sur le projet OPERA tenue le 16 février 2015 à l’hôtel Royal Beach à Ouagadougou, nous avons rencontré un des coordonnateurs scientifiques du projet, en la personne du Professeure émérite Marguerite Altet. Elle nous livre en plus des objectifs visés par la conférence, l’état d’avancement de la recherche, les perspectives à court et à long terme du projet.

Que pouvez-vous  dire à propos d’ OPERA, de l’étape d’avancement de cette recherche?

La recherche se déroule selon le calendrier prévu : OPERA a démarré en juin 2013 et en février 2015 présente les résultats obtenus après la mise en œuvre des différentes étapes prévues : le recueil des données réalisé en deux phases en janvier et avril 2014, puis le codage des données fait jusqu’en juin 2014 suivi par le traitement quantitatif et qualitatif de l’ensemble des données recueillies jusqu’en octobre 2014 et la rédaction du rapport intermédiaire d’octobre 2014 à janvier 2015 par des allers et retours entre les trois coordonnateurs scientifiques, suivie du maquettage et de la publication du rapport fin janvier début février 2015; restent en cours la finalisation de certains résultats sur les profils porteurs d’effets et les profils des élèves et la rédaction du rapport final attendu pour fin 2015.

Quels étaient les objectifs de la conférence?

Il s’agit d’un Séminaire de restitution des résultats de la recherche : faire connaître OPERA auprès des acteurs du Burkina mais aussi des partenaires de la Région, des responsables d’IFADEM

-         Présenter le rapport intermédiaire de la recherche OPERA

-         Échanger et débattre avec les participants et invités au Séminaire dans des ateliers sur la conception d’outils de formation issus de la recherche OPERA

-      Faire le point sur les résumés des communications scientifiques prévues  pour diffuser la recherche: CIES-Banque mondiale-GPE (Washington 6-12 mars 2015), CNAM (Paris 30 juin – 3 juillet 2015), REF (Montréal 21- 23 octobre), OPEEN (Nantes, 9-10 juin 2016) – Articles revues internationales Italie, France.

-         Préparer la phase suivante 2015-2016 sur la conception des outils de formation

Est ce qu’on peut dire, au regard de toutes les personnes qui sont venues aujourd’hui, que cette deuxième conférence a participé à la visibilité d’OPERA et que celle-ci a été adopté par  les différents acteurs de l’éducation?

La présentation des résultats, la diffusion du document papier et sur clef USB, la conférence de Presse, les échanges avec les différents participants du Burkina et des pays de la Région a effectivement rendu visible la recherche, ses objectifs et ses résultats.

La recherche a été partagée entre les participants présents; les acteurs concernés ont reconnu la validité des résultats et des analyses faites. Ils se sont retrouvés dans les portraits présentés. A-t-elle été “adoptée”?? Ce n’est pas l’objet, son objectif c’est de faire un diagnostic des pratiques enseignantes effectives en cours dans les classes burkinabé pour adapter des outils de formation qui répondent aux besoins rencontrés : ceci a été fait et continuera dans la phase à venir de conception des outils de formation.

Quelles activités OPERA a t’elle prévues dans l’immédiat? Que dire pour la suite de la recherche?

La deuxième phase d’OPERA, la suite de la recherche, c’est de construire des outils pour former les enseignants en fonction du diagnostic fait par la recherche et des problèmes et besoins identifiés. La conception de ces outils sera faite par des chercheurs et des acteurs de terrain, inspecteurs… Le calendrier est en cours, de même le repérage des personnes ressources qui vont participer à la construction de ces outils selon les principes suivants :

  1. Ce sont des outils qui doivent apporter une plus-value,  une valeur ajoutée à l’existant, en professionnalisant les enseignants, en les aidant à analyser leurs pratiques et à se construire un jugement professionnel, en diminuant leur travail par une amélioration de leur fonctionnement et une amélioration des résultats de l’apprentissage des élèves :  des outils qui interviendront ainsi sur la prise en compte du couple indissociable enseignement- apprentissage.
  2. Il ne s’agit pas de reprendre tels quels des outils pré – existants, mais bien de se situer dans la problématique de la recherche OPERA. Les outils seront toujours précédés  d’un cadrage théorique autour des concepts issus d’OPERA et d’un temps de  théorisation et  de formation à leur usage.
  3. Pour concevoir puis utiliser ces outils, les formateurs doivent être formés, sensibilisés au cadre théorique et à l’usage de ces outils. Un contrat « déontologique »  doit être pensé.
  4. Les outils issus d’OPERA seront toujours accompagnés d’un  vade-mecum permettant le renforcement de capacités théoriques, conceptuelles et pratiques sur les dimensions de « climat relationnel », de » gestion pédagogique » et de «épistémique-didactique » et leur importance dans la qualité des apprentissages.
  5. Selon les cas, les documents peuvent être originaux ou reconstruits à partir de l’existant mais toujours distinguer ce qui relève de l’analyse/observation de ce qui relève de l’évaluation.
  6. Lors de la mise en œuvre, il faudra songer à les tester et à expérimenter éventuellement plusieurs scénarios

DES FORMATIONS POUR QUI ?

  • Elèves-maîtres
  • Maîtres (ordinaires, tuteurs, écoles d’application)
  • Directeurs
  • Formateurs de structures de formation
  • Encadreurs du terrain

DES FORMATIONS, COMMENT ?

  • Des outils :
  • Fiches
  • Vidéos, Séquences pédagogiques illustrées par des vidéos
  • Guides
  • Documents d’accompagnement
  • Capsules théoriques (taxonomie, théories de l’apprentissage, observations, savoirs et compétences, …)
  • Documents de cadrage théorique
  • Portfolio
  • « Cahier de bord »

Ces outils auront trois fonctions :

  • Un travail sur les représentations des maîtres, représentations de l’apprentissage, de l’enseignement, des élèves
  • Une appropriation des concepts, outils d’analyse pour observer et analyser des activités d’enseignement-apprentissage, pour lire autrement ses pratiques en déplaçant son regard sur les apprenants et leurs apprentissages en classe
  • La conception et proposition de pratiques alternatives à celles les plus présentes dans les classes pour varier les activités, sortir du questionnement omniprésent et améliorer la qualité de l’enseignement.

Que pouvez vous ajouter?

La première phase de la recherche a été réussie car elle a impliqué différents types d’acteurs sous le pilotage attentif des trois coordinateurs scientifiques qui ont accompagné le processus; la deuxième phase sur la construction des outils devra être menée de la même manière avec différents types de personnes ressources et être fortement cadrée théoriquement et accompagnée sur le terrain pour que les objectifs soient atteints et que les outils réussissent à améliorer la qualité de l’enseignement ce qui est le but final attendu.

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